Amour et Allégorie

Publié le par Le Masque aux Fissures

Ce texte date du 9 Septembre 2009. Il y avait quelqu'un, caché derrière Allégorie... Ce quelqu'un a désormais disparu...


Aspergée de fragrances nauséabondes, les cils recouverts d’une crasse noire et sale, ainsi se présente-t-elle. Sa démarche titubante l’a menée à l’une des portes métalliques qui ornent le quartier délabré. Les rues l’encerclent, couvertes d’une sève sombre encore fumante, cloisonnées par de hauts murs où l’ont peut lire tout le malheur du Monde. Elle lève sa main informe, encore sanglante, et frappe un coup désespéré, y laissant une trace rougeoyante. Autour d’elle, ces êtres qui exposent leur chair ondulent, le regard aguicheur, l’œil vide. Les créatures rampent vers elle. D’un mouvement brusque, elle se rue à nouveau vers cette porte qui n’a toujours pas dévoilé son mystère. Glissent encore sur le sol ces monstres aux formes ondoyantes, dont les ongles noircis effleurent Sa peau, dont la surface devient ocre à ce contact. Ses yeux dansèrent un instant, avant de se fermer, éblouis. Un rai de lumière immaculée venait de lui illuminer le visage. Balançant sa tête en arrière, laissant voler une chevelure abondante, elle sembla se dépouiller de ce parfum malodorant, et les traits de son visage s’éclaircirent, devinrent plus nets. Le flou du rouge criard et du noir crasseux semblait s’être dissipé.

Qui es-tu ?

La voix, profonde, lointaine, fit vibrer les ses entrailles. En une fraction de seconde, elle fut nue. Jamais elle ne s’était sentie aussi vivante que ce jour, et pourtant, en elle restait un vide. Un vide dont elle ne s’était pas aperçu, lorsqu’il était recouvert de fard et de poudre.  A la question qu’on lui posa, elle ne sut tout d’abord que dire, puis les mots vinrent, coulant doucement dans sa gorge, jouant avec sa langue et ses lèvres.

Je suis Allégorie.

Le flot de lumière, qu’elle pensait incommensurable, prit une dimension de plus en plus croissante à force que la porte s’ouvrait, laissant se dessiner une silhouette. Une main tendue. Autour de cette main, nulle créature rampante et glissante. La chaleur et la douceur qui s’en dégageait semblait avoir fait fuir les immondices. Allégorie avança son bras, au bout duquel pendait encore une masse informe. Elle effleura la main de cette forme, qui s’illumina vivement. De même qu’il lui était poussé un cœur, désormais, son avant bras se poursuivait par un poignet, achevé de cinq doigts gracieusement alignés. Elle leva les yeux, plongeant dans le regard doré d’un séraphin. Leurs deux mains restaient unies. Physique, spirituel, le lien semblait drainer en Allégorie une âme qui était enfouie en elle. L’ange la saisit dans ses bras, avec une douceur infinie, et, le regard noyé dans celui d’Amour, elle ne s’aperçut pas que s’agitaient les ailes puissantes. Leurs deux êtres unis, voltigeant vers les Hommes, tel un rai de lumière.

 

© Alexis S.D.  

Publié dans Au gré de ma plume...

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Camilla 22/02/2010 21:56


Ah, celui là je l'ai déja lu quelque part.. Sur une feuille écrite de ta main en début d'année.


Le Masque aux Fissures 27/02/2010 17:47


Oui... Certainement...