Au fin fond du couloir de solitude

Publié le par Le Masque aux Fissures

Contre mon dos, je sens le mur, ma limite, mon appui. Sous moi, le sol froid, un froid qui me glace, qui coupe mon souffle. Je me sens comme perdu, au fin fond de ce couloir où je me suis aventuré, et pourtant, ce mur m'oppresse. Ma pupille se dilate, cela n'avance à rien, si je devais décrire ma vision, je la réduirais au néant. Pas un bruit, pas un son, le silence à succédé à mes pensées, comme l'abandon a remplacé l'effervescence qui régnait autour de moi. Je me perds dans un vide que je ne peux même pas voir, comme si je me laissais aller à la contemplation de ce vide.


Autour de moi, ça grouille de monde. Ils ne s'arrêtent pas un instant, ils courent, mangent, parlent, vivent, meurent. Je ne les vois pas, ils ont beau jeter un regard méprisant sur ma main tendue, le mien ne les effleure même pas. Ils n'existent plus pour moi, comme je n'existe plus pour eux. C'est lorsqu'ils m'ont rayé de leur existence, de leur société, de leur mémoire, qu'a commencé ma décadence, ma chute, dans ce puits sans fond qu'est ma solitude. C'est lorsque l'on m'a pour la première fois chassé à coups de pied que j'ai su que ma vie avait connu sa rupture, autant la première que la dernière.

 

Alors j'attends, encore et toujours, ma délivrance. J'attends, dans cette obscurité étouffante, que survienne le Salut. J'aimerais que ce soit un sourire, que l'on saisisse ma main... Je refuse la Mort, je nie ses tentations. Mais ne me laissez pas plus longtemps, au fin fond de mon couloir de solitude. Ouvrez la porte.

 

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