Dégénérescence automnale

Publié le par Le Masque aux Fissures

Fouettés par le vent d’octobre, battus par la pluie et les éléments, les arbres ne vacillent pas. Seules les feuilles s’envolent au gré du souffle d’automne. L’habituelle inertie de ces quelques mois, durant lesquels seule la nature semble promise à la dégénérescence, a été devancée par une agitation singulière et d’une rare violence. Le gémissement de la tempête a laissé place aux cris des revendications, et tandis que choient les feuilles, tombent les masques.

Mes pas m’entrainent dans la masse, au milieu d’une foule brutale et sans limites. Mon cœur se serre, l’idéalisme dont je suis le porteur vole en éclat. Si je croyais en un être supérieur au-dessus de moi, je lui demanderais pourquoi et surtout comment nous sommes arrivés à une telle déliquescence de l’humanité et le supplierais de mettre un terme à ce qui m’apparaît comme l’apocalypse. La situation est cependant bien trop dramatique pour faire appel à un libre arbitre quelconque ni à un Dieu quelconque d’ailleurs. Il ne reste que l’Homme face à lui-même, face à ses failles. Autour de moi une fumée âcre me brûle les yeux et la gorge, je ne veux plus voir : contempler la déchéance humaine m’est insupportable. Autour de moi, on court, on fuit une menace, je ne sais plus laquelle, eux-mêmes ne le savent plus.

Quelqu’un me heurte et me jette au sol. Soudainement, tout s’enflamme, une détonation résonne, et me voici seul. Seul le crépitement des flammes à quelques mètres de moi trouble le silence. Je ne distingue plus qu’un vague et ocre brouillard, accompagné de la chaleur étouffante des explosions qui m’encerclent. Serait-ce l’Enfer, dans lequel l’humanité s’est précipitée ? Je discerne un vague mouvement près de moi, une silhouette indistincte approche. Elle semble errer, trainant derrière elle une sorte de cape tricolore, dont l’éclat a perdu de sa vivacité. Elle m’aide à me redresser, malgré son affaiblissement, malgré la mélancolie que je lis dans son regard, tant elle frôle si quotidiennement la mort. Frappée tour à tour par chacun des belligérants pour qui elle n’est devenue qu’une simple figure, souvent bafouée, parfois brandie.

Sa détresse est telle que j’aimerais la soutenir, la faire redevenir reine. Si je ne peux, seul, lui redonner sa vigueur d’antan, je porterai ses couleurs, et serai son champion. Mes actes n’auront qu’une bien mince portée mais qu’importe. Je l’embrasse alors et cours rejoindre ceux qui mènent un autre combat, en lequel je ne me reconnais certes pas, mais qui sera le support de ma bataille pour la démocratie et ses valeurs.

 

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Publié dans Un regard sur le Monde

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Marine 19/11/2010 20:02



Des textes , toujours aussi beaux♥! Bonne continuation . :) 


 



Dans la tempête 12/11/2010 17:26



Le mélange de styles rend le texte moins agréable à lire... Sinon dans le dernier paragraphe il manque un "qui" ou en tout cas un mot de liaison et pour la faute d'ortographe : et le supplierais
à la place de supplierai car s'est également un conditionnel comme au début de la phrase, introduit par le si.



Le Masque aux Fissures 12/11/2010 17:54



Ah, oui, exact. Je ne l'avais pas vue.



Dans la tempête 12/11/2010 01:30



Il y a malheureusement au moins une faute d'ortographe, et beaucoup de virgules inutiles altérant le sens du texte.... parfois assez bien écrit cependant... même si demeurent des mélanges de
styles linguistiques maladroits.



Le Masque aux Fissures 12/11/2010 08:07



Je cherche désespérément ma faute d'orthographe, un peu d'aide serait la bienvenue. Au sujet des virgules, j'ai modifié en ce sens. Je n'avais pas vraiment prêté attention à elles lors de la
relecture. 


Quant aux "mélanges" de styles linguistiques, en quoi sont-ils maladroits? 


Merci d'avoir pris la peine de me lire.



Sylviane Sarah Oling 31/10/2010 19:04



Tu t'es trouvé confronté à la plus absolue des violences, celle d'une foule, indistincte, qui se nourrit de sa propre énergie, et de ses propres peurs, la violence entrainant un effet de masse,
la peur jetant son masque et ses fissures à la face de la foule, une espèce de monstre hybride qui, poussé au paroxisme, se dévore lui-même. Cependant, cependant,cet effet de souffle, comme après
chaque explosion, sociale ou physique, peut générer de véritables miracles, quelqu'un relève un autre qui tombe, une main se tend, et l'humanité reprends du sens...C'est ainsi que la beauté et la
grâce renaissent...