Egalité.

Publié le par Le Masque aux Fissures

Court billet rédigé lors des manifestations et contre-manifestations au sujet de la loi sur le Mariage pour tous. 

 

Le climat délétère de ces derniers mois n’est plus à démontrer ; au fond, chacun le sent, le sait : les manifestations dans lesquelles se côtoient « bonnes familles » et skinhead ont été des polarisateurs d’angoisse pour beaucoup de défenseurs de l’égalité des droits. Mais il aura fallu attendre des visages tuméfiés et ensanglantés pour que, enfin, l’éveil de la conscience se fasse. La haine, enfin, éclate au grand jour, dans le sang et les larmes. 

Non, mesdames Boutin, « Barjot », Kosciusko-Morisset ! Non, messieurs Guaino, Copé, Bongibault ! Sous couvert de conservatisme mêlé à un brin d’opportunisme électoral, vous ne pourrez nous laisser croire que vos convictions ne vous portent pas à l’homophobie. Qu’il est flagrant, votre refus de l’autre dans sa différence, dans sa richesse ! Et maintenant, il est temps pour vous de vous confronter aux conséquences de vos propos, aux conséquences de ce mouvement dont vous n’êtes pas les soutiens passifs, mais bien les instigateurs.

Votre silence vous accable. Le visage ensanglanté et tuméfié de Wilfried qui, depuis quelques heures, parcourt les réseaux sociaux, est le symbole des attaques que vous portez aux principes inaliénables de la République : ni la liberté, ni l’égalité, ni la fraternité ne sont, par vous, respectées. Vous êtes les collaborateurs de ces agressions qui n’ont de cesse de se multiplier.

Car, oui, vous refusez à des milliers d’hommes et de femmes la liberté de se marier, de procréer, en les mettant à part de la norme que vous seuls considérez comme l’unique norme acceptable. Par ce fait même, vous refusez le droit à l’égalité que nous revendiquons : ce même droit que, bien qu’inscrit sur tant de façades visibles à vos yeux, vous niez constamment. Quant à la fraternité, les coups dont vous êtes les responsables lui font un sort ; voilà désormais la République blessée, lacérée, enterrée. 

Comment osez-vous encore revendiquer l’appartenance de votre mouvement à la démocratie, alors même que vous refusez tout débat, interrompant le rapporteur du projet, Erwann Binet, lors de ses interventions, ou encore en recouvrant les locaux du « Printemps des Assoces » de vos affiches nauséabondes ? 

Mais sachez-le : nous ne vous laisserons pas davantage clamer que vous êtes la voix du peuple : vous n’êtes que la voix de la haine. Nous la refusons, nous nous élevons contre elle, d’un seul corps : nous ne sommes pas dupes de vos logos flashy, derrière lesquels vous dissimulez cette même haine. Il est temps de vous confronter à la gravité de vos actes : vous établissez les prémisses d’un conflit citoyen. Victime moi-même, frappé parce que je prenais la défense d’un jeune homosexuel sur lequel pleuvaient les insultes, je refuse d’être acteur de cette guerre civile d’un autre temps qui mérite d’être enterrée, pour laisser place au projet plein de vie et que nous soutenons avec l’ardeur de ceux qui savent aimer.

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