« Je sais que tu prieras pour moi...»

Publié le par Le Masque aux Fissures

Ils étaient sept. Sept moines de la communauté de Tibhirine, celle que fait revivre, pour nous, Xavier Beauvois, dans Des Hommes et des Dieux. S’aventurant sur un terrain où on ne l’attendait pas, le réalisateur reprend les trois dernières années de la vie de ce prieuré, perché dans les hauteurs de l’Atlas, unique rempart face à la violence de l’Algérie des années 1990. Ces trappistes, frères cisterciens, aidés de bien maigres moyens, vinrent en aide, tout au long de l’existence de ce monastère, à ceux dans le besoin, sans considération pour l’âge, le sexe, les actes. Ils savaient ne voir en ces nécessiteux que des Hommes, et les traitaient comme tels, accomplissant des actes d’une beauté rare.

Au fil des images et des chants débordant de grâce, on peut sentir cet esprit de communauté, la force des liens qui unit ces hommes. Comment tenir, dans ce contexte difficile, face aux menaces, aux dangers terroristes ? Et lorsque le doute s’installe, lorsque la volonté se fissure, que reste-t-il à faire ? La réponse nous est ici donnée, se serrer les uns contre les autres, chanter,  croire. Chaque plan est une perle d’émotion, chaque parole prête à réflexion. Dans une éclatante lumière, ces sept moines tirent leur révérence, sur l’air célèbre de Tchaïkovski.

 Si nous ne pouvons refaire le passé, à notre échelle, souvenons-nous de l’importance de la communauté, qu’ensemble, nous pouvons plus. 

 

 

 

Article écrit de ma main, publié dans le journal Le Moulin Rouge. Octobre 2010 

 

 

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Publié dans Un regard sur le Monde

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Sylviane Sarah Oling 10/10/2010 10:45



Je suis allée voir ce film hier soir, cher filleuil... J'en suis revenue émerveillée, au sens littéral du terme, absolument convaincue qu'il existe des êtres qui, au delà de leur peur légitime
et, dirai-je, malgré leur peur, sans s'en abstraire  cependant, vont là où leur conscience leur indique le chemin. Ces 7 moines ont eu le choix, oui, ils ont douté, et heureusement qu'ils
l'ont fait. Celà donne la mesure de l'humain. Nous ne sommes pas des Dieux vivants, mais certains d'entre nous ont quelque chose qui les relie si forts à l'étincelle de divin qu'ils arrivent à se
surpasser... Un film qui appelle à une réflexion sur  nous-mêmes. Que sommes-nous prêts à sacrifier pour le bien commun?



marine 08/10/2010 22:26



Magnifique .