La "Dame" et les généraux

Publié le par Le Masque aux Fissures

Enfin, libre. Il n’est pas aisé d’imaginer ce qu’Aung San Suu Kyi a pu ressentir, en ce début de novembre, voyant les portes de la liberté s’ouvrir devant elle, tandis que les barrières se levaient. Ces sept années durant lesquelles elle fut assignée à résidence, surveillée par la milice de la junte, au pouvoir en Birmanie, n’ont entaché ni sa volonté, ni ses valeurs.

Secrétaire générale depuis les années 90 de la Ligue Nationale pour la Démocratie, celle qu’on appelle « la Dame » n’a pas cessé un instant de se battre, dans la continuité des actes de son père, le général Aung San, instaurateur de la démocratie Birmane, et trop tôt renversé. Sœur dans le combat du Mahatma Gandhi et de Martin Luther King, qui prônaient également la non-violence, c’est à poing nus et armée de sa seule parole qu’elle mène son action et c’est ce visage aminci par des années de détention qui est l’image porteuse de l’espoir pour un peuple. Ce sont ses paroles, relayées autant que possible par la presse, qui sont le symbole de la volonté de ce même peuple, oppressé et bâillonné par la dictature militaire.

Honorée du prix Nobel de la Paix en 1991, elle a été conviée par le comité à Oslo pour recevoir la distinction, pour laquelle elle n’avait pas été autorisée à quitter la Birmanie. Elle doit également rencontrer d’ici peu des représentants de l’ONU, qui a d’ailleurs œuvré pour sa libération, à l’instar de nombre de personnalités et de gouvernements, on a par exemple pu entendre Jane Birkin chanter Aung San Suu Kyi.  Au-delà de son implication politique, celle qui est aussi une mère, peut enfin revoir ses fils, qu’elle n’a pas pu embrasser depuis dix ans.

On peut se joindre à l’espoir birman, que la libération sans condition d’Aung San Suu Kyi sera le point de départ d’une révolution politique, que bien des peuples attendent encore.

 

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Publié dans Un regard sur le Monde

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Sylviane Sarah Oling 04/12/2010 11:34



Mieux que tous "les mots sous les masques", des personnalités telles que "La Dame de Rangoon" actent, par la force sereine et inaliénable de leur détermination qu'il est possible de changer le
cours de l'Histoire. Tout combat, s'il est porté par des idéaux nobles fait grandir celui qui le véhicule, autant que celui qui l'initie, ainsi la chaine de l'humanité va perdurer...



Le Masque aux Fissures 04/12/2010 11:36



Si elle a tenu, nous pouvons le faire également. Notre combat n'est pas le même, mais nous servons, elle et nous, l'intérêt commun.