Le roi de cœur, et le maître spirituel

Publié le par Le Masque aux Fissures

J'ai esquissé ces quelques lettres à l'encre noire, trace indélébile sur mon âme si pâle. J'ai sacrifié sans aucune hésitation pensées parasites, démons et fantasmes, pour ne garder que ton image, ce souvenir impérissable de quelques doux instants. Je n'ai pu depuis oublier ta main nichée dans la mienne, nos lèvres entrelacées ad vitam eternam. Alors seulement, j'ai dû m'avouer vaincu. De tous ces combats, de toutes ces guerres, aucune n'est aussi impitoyable que celle du cœur. Et ainsi, je me suis abandonné au changement, comme une feuille au vent. Je construisais sur ma sensibilité exacerbée une armure, dont tu étais le matériau et le destructeur. Tu as eu beau frapper de toutes tes forces, tu n'as brisé que mon bonheur, pas mon amour pour toi. 

Je ne sais encore ce qui m'a pris d'écrire ces quelques lignes. Ma plume fébrile gratte frénétiquement ce vélin. J'aimerais l'embrasser, dans l'espoir que de ces mots naisse ton image. Parfois, tu me reviens, tu m'assailles. Je suis la falaise, et toi, la mer, tu me feras céder, tu m'emporteras dans ta houle, m'emmèneras dans de lointains univers. Et c'est alors que tout ceci me plonge dans la tourmente, que se révèle à moi une étoile. Quoique, non, ce serait trop restrictif. C'est une constellation qui naïvement me sourit. J'u vois cet homme qui semble au paroxysme de sa timidité, tout en haranguant les foules. J'y vois cette résistance passive, cette non-violence active que je sens poindre, enlaçant mon âme. C'est mon refuge, mon réconfort, que je ne trouve plus dans tes bras. Je l'ai trouvé dans Sa parole, Sa vie, Son combat. Une lutte contagieuse, vous savez, malgré les années. Une lutte qu'on ne pourra oublier...

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Zoé Pariselle 13/10/2010 21:53



Bonsoir Alexis,


Et si je ne travaillais pas? Et si j'en profitais pour jeter un oeil acerbe bien que non dénué d'affection sur quelques textes?


Bien: Entrelacer des lèvres me paraît difficile à faire, ça demande une souplesse hors du commun, réfléchis à l'image... et pis, on dit aeternam, enfin, Alexis! Me faire
ça à moi!


J'aime vraiment bien l'image de la falaise, très bien articulée avec ce qui suit et la passivité efficace, encore que cela aille mieux pour la mer que pour la falaise, ah, non, attends:
résistance passive pour la falaise et non violence active pour la mer? Bon, ça se tient, d'accord. C'est bien trouvé comme image d'une relation.


"Et c'est alors que tout ceci me plonge dans la tourmente, que se révèle à moi une étoile." Alors, la phrase me plaît mais il y a un truc qui cloche, dans le
"alors" précisément. (mince, comment récupérer un police normale?) Cela veut-il dire "quand"? si oui peut-être serait-ce plus clair. ou sinon quoi? une conséquence plutôt? j'hésite et cela me
gène.


Pourquoi ton âme est-elle pâle? c'est une citation de Yourcenar? Avais-tu lu, du temps où tu prenais tout ce que je disais pour parole d'Evangile, les Mémoires d'Hadrien? Si non, je ne peux que te les reconseiller, cela ne peut que te plaire, tu es suffisamment homme de goût pour ça maintenant. Et puis,
quand on veut écrire, faut avoir de bonnes lectures.


Une plume fébrile qui gratte frénétiquement ou c'est beaucoup ou c'est trop peu, assume et continue l'allitération, grand fou
félin frivole -ou frileux?, ou ne cède pas au second degré et brise-là (ou brise la).


 


Voilà, mon cher, ce que je pourrais dire pour ce soir (si j'avais eu un peu de lettres et d'esprit (je cite pour rire, je ne me crois pas autant que ça)), mais je
ne vais pas me rendre importune plus longtemps, il me chagrinerait que, par mesure de représailles, tu t'en ailles visiter les catacombes sans moi.


Ergo, vale.


Zoé Pariselle



Mégane 01/08/2010 21:51



Déjà mes yeux arrivent à la fin de ces mots écrits de cette plume si douce et chaleureuse: TA plume. A travers ce court chemin parcouru à tes côtés, je t'ai découvert sensible au monde et
 tellement vrai. A bas les masques, cette société retrouve enfin cette pureté qu'elle a depuis bien trop longtemps oublié.


Tu ne peux pas imaginer le plaisir que j'ai eu à lire ce français, si correct, si juste, et non massacré, estropié, désarticulé. Chevalier de la langue française est l'insigne que je te donnerai
si le rang de Présidente j'avais! (*rire*)


Pour tout cela, je te dis un grand merci Alexis ;)



Le Masque aux Fissures 21/09/2010 20:45



Merci à toi pour ce commentaire qui réchauffe le cœur, alors que l'hiver approche... Un peu de soutien et de douceur fait toujours beaucoup de bien dans ce monde de brutes.


Au plaisir de lire à nouveau l'un de tes commentaires ! 



Sylviane Sarah Oling 17/05/2010 07:23



Aurai-je compris qu'il s'agit de celui qui était familièrement nommé "Bapou" , cet homme qui a mis sa vie au service d'un idéal si grand qu'il l'a transcendé et qu'encore aujourd'hui de toutes
jeunes âmes comme la tienne viennent s'abreuver à la source de sa pensée? Le Mahatma Gandhi , dans un monde en perte de repères, est un phare, une force , démontrant magistralement que force
n'est pas violence mais tout au contraire, soutien et construction. Comme toujours, Alexis, ta plume est belle, puissante et inspirée...



Le Masque aux Fissures 17/05/2010 17:10



Je crois bien... Tu connais ma sensibilité, impossible pour moi de résister à cet homme, en qui j'ai un peu l'impression de me retrouver. Un modèle, une force, bien plus que cela, même... Merci
encore, Sarah...