Tend ta main, et donne de l'autre.

Publié le par Le Masque aux Fissures

J'avais bien de l'inspiration avant de me retrouver à nouveau devant le blanc de mon esprit, et avant tout de cette grande feuille virtuelle. Par où commencer? J'ai tant de choses sur le cœur que j'aimerais déverser. En fait, je sais. Il n'est point besoin de chercher bien loin. Je sais où aller, désormais, où guider mes mots, car tout dans mon esprit est clair, au milieu de l'ébullition.

Il est dans notre monde des mains tendues. Un nombre incommensurable. Je me retrouve si souvent à songer à ces personnes qui n'ont pas dans cette Vie Terrestre ce qui répondrait à leurs besoins. Nombre d'entre ceux qui me liront penseront tout d'abord aux besoin matériels, il n'est en effet nul doute que notre société se nourrit de ce que l'on peut toucher, de ce que l'on peut voir, de ce que l'on peut faire valoir. Et pourtant, je ne peux m'empêcher de songer qu'au-delà des apparences, au-delà des préjugés, ce ne sont pas simplement quelques piécettes que demande cette main tendue. Et même ! Que dire de ceux qui sont à la tête d'immenses fortunes, lorsqu'ils sont si pauvres dans l'affection qu'on leur donne? Vivre dans un monde où la mélodie mielleuse de l'hypocrisie hante tant de paroles n'est pas des plus aisé. Et même si ils ne tendent nulle main, le besoin est là, la métaphore fait le reste.

En me relisant, je me demande bien ce que ces "belles" paroles pourront bien changer... Certainement bien peu de choses, en y réfléchissant. Pourtant... Je ne peux m'empêcher de poursuivre. Je vais bel et bien mener le Verbe en la direction des nécessiteux, car c'est un sujet qui me tient bel et bien à cœur. Et une multitude d'idées agite mon esprit ! Comme tout lyonnais, je suis un habitué du centre-ville, de Bellecour et de son agitation frénétique. Plus d'une fois, je me suis arrêté devant cet homme en fauteuil roulant, centre d'une cour de félins, face à son échiquier. L'échiquier de la vie qui se tient devant lui... Cet homme sur qui les malheurs du monde se sont abattus tient encore, pourtant. Se sont suivi la disparition de son fils, les maladies successives... Et pourtant, il est encore là. Il ne reste pas inactif, la main tendue, attendant quelque passant généreux. Non, il met son art au service des autres, et il invite sur cet échiquier ceux qui veulent partager une partie, une portion de Vie. C'est cette vision qui ne peut que m'émouvoir dès que je m'arrête ! La vision d'un homme qui, tout en tendant une main, donne, de l'autre.

Publié dans Un regard sur le Monde

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Sylviane Sarah Oling 06/02/2010 08:24


Et pour en revenir, Alexis, au "masque et aux fissures", ôter son masque par les mots, c'est en revêtir un autre...Et souviens toi de cette maxime dont j'avoue avoir oublié le nom de  l'auteur
originel "Bienheureux les fêlés (fissurés?) car ils laissent passer la Lumière"...

Tes mots ont la magie non pas de recouvrir la vérité mais de la révéler, une Vérité qui n'est pas universelle, mais qui est celle de tous les cherchants, derrière chaque vérité révélée se cache une
autre vérité à appréhender, ainsi va l'Humain, de porte en porte, puisque peu importe le chemin, pourvu que l'on soit en route, n'est-ce pas?

Sarah


Le Masque aux Fissures 10/02/2010 22:14



Peut-être en porte-je ainsi un autre... Je ne sais pas, mais je le sens plus proche de mon âme. Une sorte de miroir, je pense que tu comprends ce que je veux dire ! Serais-tu également fêlée?
Voyant toute la lumière que tu dégages, le syllogisme est très vite fait ! 

Chacun de tes mots continue à m'émouvoir... Merci, pour le lecteur que je suis, de me donner autant de bonheur en te lisant.

Alexis. 



Sylviane Sarah Oling 04/02/2010 13:13


Cher Alexis, cet homme qui se tient là a compris, comme toi, que nous sommes tous reliés à quelque chose de subtil, qui parfois nous dépasse, aujourd'hui, tu es en capacité de prendre la main qu'il
te tend, il a ainsi inversé l'ordre doit disant logique.. Il n'est pas dans une action de quémander mais bien dans le don. Ce qu'il possède, ce précieux trésor immatériel, il l'offre à qui veut
bien prendre le temps de s'arrêter et de le regarder, un instant, juste un instant. Il est dans le chaos, mais il a une perception très fine de la lumière et toi tu as la capacité de percevoir
cette étincelle qui émane des humains blessés...


Le Masque aux Fissures 04/02/2010 22:19


Comme à chacun de vos écrits, Sarah, je me sens bouleversé. A chaque fois que je vois cet homme, j'ai senti quelque chose, en effet, c'est que vous appelez l'étincelle - je m'attaque d'ailleurs à
son rassembleur... -, et c'est quelque chose de magique... J'arrive de mieux en mieux à mettre des mots sur ce que je ressens, car j'ai l'impression que peu à peu mon regard s'ouvre sur moi-même.
Et que la lumière perce à travers un chaos mineur... 
Merci infiniment pour ce message, Sarah.  


ludo 02/02/2010 23:12


Les mots ont pour toi une importance grandiose, à n'en pas douter.
Tu sais exposer tes ébullitions cérébrales avec douceur, force et convictions.
Les écrits d'une personne en formation sont toujours très intéressants, du moins lorsqu'ils sont versés avec passion...

Au plaisir de te lire Alexis.

Ludo 


Le Masque aux Fissures 03/02/2010 20:14



Les mots sont en effet l'unique moyen que j'ai pour extérioriser tout ce qui sommeille en moi... Merci beaucoup pour vos paroles réconfortantes, qui donnent envie de continuer. J'espère avoir
l'occasion de vous parler à nouveau.

Au plaisir !